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Le coût du cancer en France : approches macro et micro‐économiques
Une augmentation considérable de l’incidence et de la prévalence des cancers dans les 20 dernières années

 

Le coût du cancer en France : approches macro et micro‐économiques

Rapport de la Commission d’Orientation sur le Cancer, janvier 2003

Une augmentation considérable de l’incidence et de la prévalence des cancers dans les 20 dernières années Avec 278 000 nouveaux cancers en 2000 contre 160 000 en 1980, nous connaissons une augmentation majeure de l’incidence des cancers .

Le poids du cancer sur la santé publique et la vie de nos concitoyens est considérable et souvent sous-estimé : 150 000 personnes meurent d’un cancer chaque année, 800 000 personnes vivent avec un cancer et 2 millions de personnes ont eu un cancer (nombre qui augmente du fait de la survie heureusement augmentée grâce aux progrès de la médecine).

Le coût du cancer pour le système de santé peut être estimé à près de 15 milliards € en 2002.

Aujourd’hui, la médecine et la chirurgie permettent de guérir 50% des cancers. La survie à la suite d’un cancer est en France une des meilleures d’Europe, du fait de l’accessibilité de notre système de soins. Pour pratiquement tous les cancers, la France obtient une meilleure survie à 5 ans que les pays voisins de démographie comparable (Allemagne, Royaume Uni, Italie, Espagne).

Cependant, on note un déséquilibre récent entre l’offre et la demande de soins, qui pourrait se traduire par une perte de cet avantage, du fait du vieillissement de la population. Par ailleurs, les succès des traitements se traduisent par une augmentation de la durée des traitements et de la survie. Ceci pourrait entraîner des tensions dans le système de soins.

On observe une augmentation considérable du coût des nouveaux médicaments contre le cancer(plus 500% en 10 ans), avec parfois des innovations encourageantes (mais hélas pas toujours proportionnelles au prix des molécules). Ceci, ajouté aux coûts également en augmentation exponentielle des thérapies adjuvantes, (antiémétiques, facteurs de croissance hématopoïétiques...) fait que le poste « cancer » représente jusqu’à la moitié des dépenses hospitalières de médicaments.

Pour les innovations, la France est le seul pays à disposer du système des autorisations temporaires d’utilisation (ATU) des médicaments, avec leur prise en charge hospitalière. De ce fait, les patients français ont un accès large parmi les plus rapides du monde aux innovations médicamenteuses.

Cependant, du fait du système de dotation des hôpitaux publics et de sa faible adaptabilité, l’accès aux molécules les plus chères peut leur être rendu plus difficile que pour les établissements d’hospitalisation privés (pour les traitements ambulatoires).

Il existe aussi des difficultés importantes liées au système de rétrocession et à la prise en charge des médicaments en ambulatoire.

Cette approche macro-économique d’évaluation des coûts, reprise avec la base nationale du PMSI de l’année 1999, a permis d’estimer le coût hospitalier du cancer en France à 6 milliards d’euros, établissements privés à but lucratif compris, et à environ 10 milliards d’euros avec les soins de ville.

Le chiffre de 15 milliards d’euros a même été avancé par le journal Le Monde pour caractériser le coût du cancer pour le système de santé français en 2002 [4]. Outre les biais méthodologiques, la hausse des prix des médicaments, et plus particulièrement des chimiothérapies, la prise en compte des molécules onéreuses par le PMSI ainsi qu’une augmentation de l’incidence sont autant de facteurs qui élèvent le coût du traitement du cancer en France.

La consommation médicale totale représente la valeur totale de biens et services médicaux consommés sur le territoire national (y compris les départements d’outre-mer) par les résidents et les non-résidents pour la satisfaction des besoins individuels. Cet agrégat, qui s’est élevé en 2000 à 123,3 milliards d’euros (en progression de 5,5 % par rapport à 1999), soit 2 035 euros par personne, atteint 8,8 % du produit intérieur brut. Le retrait de la médecine préventive de la consommation médicale totale permet d’obtenir la consommation de soins et de biens médicaux. Cette dernière, qui représente 98 % de la consommation médicale totale, a atteint 120,6 milliards d’euros en 2000 dont 46 % pour les soins hospitaliers, 26 % pour les soins ambulatoires, 21 % pour les médicaments, 5 % pour les autres biens médicaux (prothèses, etc.) et 2 % pour le transport des malades. La consommation de soins et de biens médicaux évolue selon deux tendances de fond : d’une part, la diminution de la part de l’hôpital et, d’autre part, l’augmentation du poids des médicaments et des autres biens médicaux.

Approche du coût à la pathologie

Le coût du traitement primaire du cancer du sein, par exemple, a été évalué sur la base d’un échantillon de 115 patientes à 14 399 euros . Une autre étude évalue le coût du cancer colorectal en France à 439 millions d’euros, également à partir de la base nationale du PMSI de l’année 1999 [17]. Les coûts indirects, en l’occurrence les coûts des arrêts de travail, sont estimés à 7 429 euros par patient, auxquels il faut ajouter 25 millions d’euros d’indemnités journalières, 61 millions d’euros de primes d’invalidité et 528 millions d’euros de pertes de production. Le coût de la première année du traitement du cancer de l’utérus est estimé, quant à lui, à 9 381 euros (prix de l’année 1995) pour les cancers invasifs à extension limitée et à 22 153 euros pour les cancers invasifs étendus [18].

 
 
Publié le mercredi 4 janvier 2006

 
 
 
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