

à Madame Raphaëlle Remande, Monsieur Bernard Virel La Voix du Nord Madame, Monsieur,
Suite aux articles parus sous votre signature dans la Voix du Nord du lundi 06/04/09 sous le titre « un téléphone pour aider le médecin », permettez nous de nous étonner de la présentation comme une grande avancée médicale le fait qu’un médecin pourra dorénavant joindre par téléphone aux heures ouvrables un spécialiste du CHR pour conseil.
Depuis fort longtemps les médecins de famille savent joindre leurs spécialistes libéraux en ville ou dans les cliniques pour des conseils ou avis largement aussi pertinents que ceux du CHR, ce qui arrive tous les jours, et sur des créneaux horaires très larges. Leurs numéros de téléphone sont publics et de plus ils communiquent fréquemment de leur numéro de portable à leurs correspondants, ce qui permet en cas d’urgence des hospitalisations rapides et ciblées au grand bénéfice du patient qu’ils connaissent en général déjà.
Il nous semble aussi choquant, voire méprisant pour les spécialistes de médecine générale que sont maintenant les médecins de famille qu’un professeur du CHR dise qu’il va pouvoir leur expliquer quels examens prescrire alors qu’ils se forment régulièrement et savent très bien quel bilan sera nécessaire avant consultation spécialisée ou hospitalisation, bilan d’ailleurs parfois négligé ou refait au CHR...
Le fait que le réseau de soin entre le médecin de famille et son correspondant libéral soit qualifié de « débrouille » alors qu’il permet la réalisation de soins de haut niveau au bénéfice des patients par des médecins qui d’ailleurs, travaillent fréquemment aussi au CHR, est carrément insultant. Si l’on ajouta à cela les propos du sous-directeur du CHR qui parle du « risque » que les patients se fassent soigner en ville, on touche à la diffamation. Car le seul risque que court le patient est d’avoir une prise en charge personnalisée par un ou des médecins responsables de sa santé et avec les équipements les plus récents.
Cette campagne était supposée rétablir la confiance entre le CHR et la médecine de ville, cela nous parait bien mal parti.
Votre encart sur le parcours de soins amène aussi d’autres réflexions :
Si celui-ci est souhaitable et bien suivi, la prévention est sans doute encore à améliorer, et le dépistage du cancer du sein, encore insuffisant dans notre région, risque de souffrir des mesures prise par la caisse nationale d’assurance maladie contre les radiologues qui va entrainer la fermeture des cabinets de proximité et ne favorisera pas sa prise en charge. Quant au Contrat d’Amélioration des Pratiques Individuelles proposés par les caisses. Il n’est pas sur qu’il bénéficie au malade car il est basé sur un conflit d’intérêt entre celui-ci et son médecin qui, s’il y adhère, touchera une prime pour les économies réalisées sur ses patients. Un tel contrat ne devrait faire intervenir que des critères de qualité et pas financiers.
Espérant que cette mise au point, sinon droit de réponse, bénéficiera de la même ampleur dans votre journal que l’article qui l’a suscité, recevez, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.
Le Comité Directeur de L’Union des Médecins Spécialistes 59/62
Le Bureau de la CSMF 59/62 Contact : Le Président Dr Philippe CHAZELLEPort : 06.11.63.65.85
Le Comité Directeur de l’Union des Omnipraticiens 59/62